mardi 6 octobre 2009

Mi amigo secreto


Uribe et Chavez, et leurs amis presque secrets

Curiosité culturelle, épisode 3 : “mon ami secret”. Ici rien à voir avec « mon ami imaginaire », le jeu qui consiste à parler à une chaise vide (qui peut très vite basculer dans sa variante « mon ami imaginaire alsacien » quand Manu regarde une video en alsacien sur youtube). Non ici, les règles sont beaucoup plus fermement établies et laissent moins la place à l’imagination exubérante des participants. Quant à la fibre régionaliste, elle est quasiment absente. C’est dire la tristesse de ce jeu. Mais commençons au commencement.

Il faut savoir qu’en Colombie la Saint Valentin n’existe pas. Non je vous arrête tout de suite. Je ne veux ni de « Argggh ! Mais comment font-ils ? Sont-ils opposés à l’amour chez ces ploucs? », ni de « Ah ! Enfin un pays qui ose s’élever contre la marchandisation des sentiments ! ». Non je n’accepterai aucune de ces remarques. D’abord parce que ce blog est un blog on ne peut plus sérieux et qu’il faut savoir laisser de côté ses sentiments / préjugés / prénotions et autres instincts basiques lorsque l’on s’attaque à l’étude d’un phénomène social comme je le fais actuellement. Mais surtout, je ne laisserai pas passer ce type de réflexions car en fait la Saint Valentin existe.

Oui la Saint Valentin existe. Seulement, carnaval de Baranquilla oblige, la Saint Valentin n’a pas lieu le 14 février mais bien le 3e samedi de septembre pour que tout le monde puisse profiter de ce formidable concept. Buiseness is buiseness que voulez-vous. Et puis les Colombiens n’aimant pas trop le nom de la Saint Valentin, ils ont préféré le remplacer par une très kitsch « journée de l’amour et de l’amitié ». Premièrement, c’est plus explicite : même les (rares) personnes peu penchées sur le calendrier des saints peuvent comprendre la signification. Mais le principal apport est que cela permet d’inclure tous les célibataires du pays, qui autrement auraient passé tout leur mois de septembre à se lamenter sur leur sort. En Colombie, plus de statut facebook : « seul(e) avec ma pizza et mon boulard (mon vibro canard) pour la Saint Valentin. VDM ». Non, en Colombie, tout le monde est un consommateur. Tout le monde naît et demeure égal devant la consommation. C’est beau non ?

Marc me demande si un ordinateur ça peut compter comme un ami. Oui Marc ça compte, mais uniquement si tu lui achètes une jolie webcam Microsoft© pour la journée de l’amour et de l’amitié. Et si c’est un peu plus qu’un ami, un dîner aux chandelles avec du Moët & Chandon© s’impose.

Mais quid du jeu ? J’y viens, j’y viens. Certains esprits bien intentionnés, remarquant qu’une seule journée de la consommation l’amour et l’amitié c’était pas mal mais c’était sans doute pas assez : après tout pourquoi ne pas s’aimer un mois, voire un an ? De ces cerveaux guidés par la foi en l’amour et l’amitié est alors sorti une idée brillante : faute de pouvoir le faire durer un an (ça pourrait lasser et puis il y a aussi Noël pour dépenser son argent inutilement fêter l’amour et l’amitié de son prochain), on pourrait le faire durer une semaine ou deux parce que l’amitié et l’amour c’est quand même sacrément chouette. C’est comme cela qu’est né le jeu de « mon ami secret ».

J’ai moi-même assez mal compris le principe, donc si mes explications ne sont pas claires n’essayez pas de relire c’est juste que je ne sais pas expliquer. Rien de grave en somme. Pour résumer ce que j’ai pu comprendre, un groupe de connaissance relativement réduit (20 maximum selon une source, mais cette dernière étant saoule au moment de l’énoncé des faits, la plus grande prudence est de mise dans l’analyse de ce témoignage, je vous rappelle que c’est un blog sérieux) se réunit un jour de septembre (le calendrier est assez vague) et se divise en deux groupes : un les hommes, deux les femmes. Marion me signale que c’est une division très sexiste et réductrice de la société. Tu as raison Marion mais une description scientifique des faits suppose une mise à distance des sentiments ; combien de fois devrais-je te le répéter ?

Une fois les équipes faites, les participants décident d’un thème. Imaginons un très classique « marque de bière ». Chacun reçoit alors du maître de cérémonie (qui est en dehors du jeu sinon c’est comme au Loup Garou c’est pas drôle) un petit surnom en rapport avec le thème (ici ce serait « Aguila », « Costena », « Club Colombia », « Poker » mais on peut très bien imaginer un thème « marque de bière alsacienne », ce qui me faisait dire en introduction que la fibre régionaliste n’est pas non plus totalement absente du jeu). Chacun écrit son nom sur un petit bout de papier, plié en 4 (en deux c’est risqué et en huit c’est trop) et le met dans un récipient quelconque, les femmes d’un côté, les hommes de l’autre. Ou l’inverse.

Troisième étape, chacun tire un petit bout de papier afin de découvrir son ami(e) secret(e). Non Marc, on ne peut pas être son propre ami. Disons pour l’exemple que je suis « Poker » et que j’ai tiré « Aguila » (attention, tirer le papier, pas la tirer elle). Je sais que mon ami secret est « Aguila » mais je ne sais pas qui est la personne qui se cache derrière. Mystère mystère. Quant à « Aguila » par exemple, elle peut très bien m’avoir tiré (attention pas moi, le papier) mais aussi avoir tiré une autre personne (attention…) Le secret est donc total.

Reste alors à mettre en place le « plateau de jeu » en lui-même, c’est-à-dire une sorte d’étagère où chaque participant a un petit casier avec son nom (fictif évidemment) marqué dessus. Pendant une semaine, le principe du jeu est d’offrir des petits cadeaux à son ami secret. Le plus couramment, les joueurs ont recours à des bonbons ou des chocolats mais on peut très bien imaginer un esprit malicieux qui déciderait d’offrir une lettre d’insulte à son ami. L’imagination n’a d’autre limite que la taille du casier. Bien que cela dépende des régions, il convient cependant de remarquer que les boules puantes sont généralement prohibées par le maître du jeu.

Tout le but du jeu est en fait de surprendre son ami secret poser un cadeau dans son casier afin de pouvoir l’identifier avant la fin du jeu et dormir ainsi l’esprit tranquille. Car si l’intérêt du jeu peut paraître limité, il faut bien voir que toute la semaine (ou les deux semaines) durant laquelle (lesquelles) se déroule le jeu, les discussions, mystères, commérages et autres tromperies vont bon train dans le cercle des amis, tout particulièrement dans celui des filles. Marion me fait remarquer que je suis en train de faire preuve de peu d’objectivité. Elle a entièrement raison et je retire donc ce que je viens de dire.

En effet, pour découvrir son ami secret, tous les moyens sont bons. À la manière du Cluedo, il s’agit de procéder par élimination pour aboutir à la vérité. Pour cela, le soudoiement d’un(e) ami(e) reste le plus efficace et le plus répandu mais l’idée initiale des concepteurs du jeu était d’espionner le casier afin de démasquer son ami secret. De cette manière, on excite le goût du risque des participants qui n’hésitent pas à acheter des cadeaux tous les jours pour donner du piment au jeu, et permettent ainsi de stimuler la croissance, faire preuve de leur générosité. L’usage de vidéo surveillance est strictement interdit, dans toutes les régions, sauf si vous en acheter une Philipps©, exceptionnellement pour l’occasion (la 8e est offerte, voir conditions en magasin).

Enfin, une (ou deux) semaine(s) plus tard, tout le monde se réunit de nouveau autour du maître du jeu. Dans un mélange de rire, de frustration, d’amour, de colère, de tristesse et d’amitié, les participants offrent alors un dernier cadeau à leur ami secret, mais cette fois-ci un plus gros parce qu’il faut quand même savoir être généreux. Alors que la tension est à son comble, les personnalités cachées de chacun sont alors enfin dévoilées au grand jour. Ceux qui auront déjà découvert leur ami secret auront eu l’avantage incommensurable de pouvoir choisir un cadeau en connaissance de cause. Les autres devront improviser un brave livre que personne ne lira ou autre tableau d’un goût douteux. Tant pis, ce sera sûrement mieux à Noël.

Quoi? C’est dans longtemps ? Pas faux. Alors pourquoi ne pas multiplier de type de jeu à d’autres occasions. Pour la Toussaint par exemple, comme ça on n’a pas à attendre jusqu’à Noël. Ça pourrait s’appeler : « mon ami le mort secret ». Chacun choisit un mort au hasard, sans savoir qui c’est, et doit consommer honorer sa mémoire en lui achetant le plus de cadeaux. Et à la fin de la semaine, celui qui a acheté le plus, obtient la grâce du Seigneur et le pardon de tous ses péchés. Ca c’est du concept !


Alexis, parce que la consommation c'est pas cool

vendredi 2 octobre 2009

Vous le charme...

Sous la pression de marc dont les hormones sont en pleine ébullittion après c'est quelques mois entourer de ces superbes créatures que sont les moutons et les nouvelles-zélaidaises, je m'en vais aborde un sujet sur lequel, nous, les menbres de la coloc, avons toujours su preuve d'une grande finesse (haha) à savoir, les meufs, les poufs, les biwatchs et tous ce qui s'en suit.
String, fesses bien rebondies, luxure, stupre et putréfaction sont de bien courants usage lorsque nous autres français pensons à ces charmantes brésiliennes. Or, tous ça n'est que bétises et idées préconçues. Ainsi, le string peut être vu comme une malédiciton dans la mesure ou il ne cache plus les litres de graisses pendouillantes de cellulites de certaines du a une alimentation peu saine (cf plus bas). Sans complexe, les "habits" sont les mêmes que ceux imaginer seul la forme change, comme quoi on a beau dire mais la forme c'est quand même parfois plus important que le fond.
De même , on peut constater l'usage généralisé de superbes appareils dentaires qui fourmillent sur bon nombres de bouches qui éblouissent (a cause des reflets du soleil) le gringo curieux. Curieux, je le suis et j'ai donc cherché à comprendre pourquoi "deus quiser" foutre en l'air le sourire de si jolie fille.Après moules te investigations j´ai d´couvert que le prix des appareils après être resté excevemnet cher , baissait, permettant ainsi a tous les ages de profiter de reconstitution de la bataille de verdun, et plus seulement chez nos chers adolescents boutonneux.
LE poil (chanson engagée). Superbes indicateurs de pauvreté et richesses, mieux que le PIB, l"IDh ou le VIH, je demande :le poil. le niveau d'épilations est indicateurs de richesses( sauf pour les gauchistes) .
-pas d'épilations; pauvres, putes et travelos prépub`res.
-épilations a mi-cuisses; moyen pauvres et classe mediane suivant les conceptions de la beauté.
-épilations totales; riches , tr´s riches et filles de gouverneurs.


Comme vous pouvez le constater j'ai a coeur de lutter contre les idées préconçues. Mais tout de même je tiens a rassurer la populace et à ne pas faire fuir ce qui veulent venir me voir. Tous ceux décrit ci-dessus ne concerne qu'une partie de la populace. Il arrive plus que régulierement de froler une crise cardiaque sur la plage , voir de perdre un oeil devant tant de beautés. Une fesse bien rebondie, un sourire ravageur, mais aussi les gros bras du travelos que l'on peut facilement reconnaitre comme la seul "fille" qui te montre ces seins avant même que tu ne l'ai remarquer...
je tiens de nouveau a rassurer la populace, je n'est pas encore fait de confusion mais il est vrai que dans un pays oú le président n'a que quatre doigts, tout peut arriver.

formidable, au revoir.

mardi 29 septembre 2009

La Ley Seca


La Colombie est un pays plein de surprises. Certaines bonnes (voir article précédent). D’autres beaucoup moins. Je veux parler ici de la « ley seca », que j’ai découvert à l’insu de mon plein gré le week end passé.


Comme son nom l’indique, la « ley seca » est une loi. Soit, et je cite ici le dictionnaire juridique, « une disposition normative et abstraite posant une règle juridique d'application obligatoire ». D’application obligatoire c’est certain. Mais abstraite mon cul oui ! On ne peut plus concrète plutôt (enfin « crète » …)


Comme son nom l’indique aussi, la « ley seca » est également une loi sèche. Une loi triste. Une loi liberticide. Mais surtout une loi stupide. Dieu m’est témoin - que son nom soit loué, sur terre et sur mer, hymen -, une vie sans liquide est comme un sandwich sans mayonnaise : fade. Comment Noé aurait-il pu sauver le règne animal sans orage ? Comment Moïse aurait-il pu ouvrir la mer Rouge sans mer Rouge ? Je vous le demande !


Dès lors pourquoi faire une loi sèche ? Pourquoi faire une loi qui empêche tout colombien d’acheter de l’alcool du samedi 18h au lundi 6h lorsque le dimanche est jour d’élection ? Pour les inciter à voter ? Sûrement pas puisque l’abstention a atteint 94% dimanche (d’accord c’étaient des primaires, d’accord c’étaient uniquement les primaires des grands partis d’opposition, mais quand même). Pour les faire voter mieux alors moins ? Encore moins quand on sait la merde qui sort des urnes depuis 1986 (mise en œuvre de la loi).


Non vraiment je ne comprends pas. Pour moi une élection a toujours été quelque chose de très intime, de personnel. C’est un peu comme un premier rendez-vous avec une charmante. Ce sont des moments rares. On s’habille bien. On angoisse un peu. On ne sait pas toujours comment agir, qu’est ce qu’il faut dire, qu’est qu’il ne faut pas. Qu’est ce qui sera le mieux. Et puis il y a un moment où l’on n’a plus le choix. Quand je rentre dans l’isoloir, quand je ferme les rideaux derrière moi, c’est un peu comme quand je ferme la porte de ma chambre. Désormais je suis tout seul avec elle. Je n’ai plus de marge de manœuvre, plus le temps de penser, il faut agir. Mais tout seul c’est difficile. Alors quand j’enfile mon (gros) bulletin dans sa fente, j’aime bien que ce ne soit pas à sec.


Ceci dit, et pour finir sur une image plus fraîche (hum), cette loi zinique nous a quand même encouragé à sortir de Bogotá ce week end pour découvrir la campagne colombienne la conscience tranquille. Et en plus c’était sympa. On a mangé de la viande excellente, on a dormi dans l’herbe, on a fait l’amour avec les chevaux… Et ouais, la « ley seca » dès fois « secool » quand même.


Alexis

mardi 22 septembre 2009

Le Footsal(sa)

Rentré depuis quelques jours déjà d’un périple ensoleillé sur la côte Caraïbe, je me suis fait un devoir de partager ici une spécificité culturelle des plus étonnantes (bien que nettement plus agréable que le fromage en spray).

La scène se déroule à Carthagène, dimanche 6 septembre. Comme tout amateur de foot le sait, les qualifications pour la coupe du monde 2010 battent de leur plein sur le continent sud-américain. Le principe est simple : une grande poule de 10 équipes, matchs allez retours. Les 4 premiers sont qualifiés directement, le 5e doit passer un barrage contre le 4e de la zone CONCACAF (Amérique du Nord). Quant aux autres, ils passent la coupe du monde dans leur canapé, ce qui est bien aussi mais pas top. Or il se trouve que ce dimanche 6 septembre était un jour de match. Mieux, jour de derby : Colombie - Equateur. Et anté-antépénultième journée par-dessus le marché ! C’est vous dire l’enjeu.

La décision fut prise assez rapidement. Notre conscience rassurée par une longue journée (qui aurait pu être) dédiée à musées et autres excursions architecturales, nous nous sommes donc accordés une brève, mais méritée, pause sur les coups de 15h30, heure locale des matchs de foot. Un rapide tour de Carthagène des Indes et le lieu idéal est trouvé : Donde Fidel (aucun lien, je suis fils unique). Petit bar populaire du centre ville réputé par-delà les murailles de la ville pour ses concerts de salsa, l’endroit semble propice à une découverte de la chaleureuse culture colombienne. Pourtant, quelle ne fut pas notre surprise à l’entrée du bar.

En effet, ce n’était pas un écran (haute définition, 98 pouces, 148 000 pixels, son stéréo Dolby Digital Surround 5.1) mais bien deux écrans (haute définition, 98’, etc…) qui nous attendaient à l’intérieur. Une façon d’apprécier encore mieux le match me direz-vous. Que nenni ! En réalité, il s’agissait d’un écran effectivement destiné au match, et d’un autre qui passait des concerts de salsa, permettant ainsi de réunir autour d’une même bière des publics que l’on pourrait croire – à tord d’ailleurs – éloignés. Mais le mieux reste à venir.

Pour éviter une cacophonie des plus désagréables (quiconque a déjà suivi un match de foot en Amérique Latine à la télé sait de quoi je parle), le patron du bar, Fidel (toujours aucun lien), amoureux de salsa s’il en est, avait décidé de favoriser la musique au sport, réduisant ainsi au silence les commentateurs enfiévrés. « Une grosse tarlouze » argueront certains, non sans raison. Une grosse tarlouze à n’en pas douter mais, rendons à Fidel ce qui est à Fidel (non, non, aucun lien), un résultat des plus intéressants.

D’abord, cette solution osée permet de passer sous silence un des fléaux du football télévisé colombien : le spot publicitaire. Si en France, nous sommes accoutumés à quelques rares inscriptions commerciales sur le terrain, les vêtements des joueurs, dans les tribunes, à la mi-temps et j’en passe (une broutille finalement), la chose prend une dimension encore plus grande en Colombie. Toutes les deux minutes (en moyenne), une véritable pub de 30 secondes (en moyenne) apparaît sur une moitié de l’écran (en moyenne), coupant ainsi la parole à nos commentateurs ; tradition qui a une capacité emmerdogène extrêmement forte malgré quelques bijoux (« deux minutes d’un côté » apparaît à gauche de l’écran, puis « deux minutes de l’autre côté » à droite, avant, sur les deux côtés, « le steak X, la saveur de la passion »).

Mais surtout, la musique permet de danser quand, disons-le poliment, l’intensité du match descend. En effet, loin de moi l’intention de dénigrer le football, et colombien, et équatorien, mais je dois avouer qu’il m’est déjà arrivé de voir des matchs plus engagés. L’Equateur est je dois le dire, sur cette partie en tout cas, mauvais à peu près partout. Quant à la Colombie, si elle s’achetait un goal une défense et des attaquants qui savent gagner des duels, elle pourrait être à peu près convenable.

Au final donc, une nouvelle expérience des plus originales (j’attends avec impatience de savoir si le foot-samba ou le foot-tango se pratiquent dans d’autres contrées), que j’aurais adoré partager avec vous si mon collègue n’avait pas effacé la vidéo prise au moment du deuxième but Colombien. Des inconvénients de ne pas avoir d’appareil photo à soi…

Goutte d’eau qui fait déborder le gâteau, la Colombie a réussi à s’imposer au bout du suspense (2-0, buts à la 82e et 90e+4), se propulsant même l’espace de 3 jours à la 5e place (qualificative pour les barrages si vous avez suivi). La victoire volée 3-1 de l’Uruguay le mercredi suivant (4 hors-jeux imaginaires sifflés, qui aboutissaient soit sur des duels, soit sur des buts ; et un carton rouge pour avoir failli touché un joueur) en décidera cependant autrement, reléguant la Colombie à la 8e place, et calmant l’ardeur populaire née d’une possible qualification (la dernière date de France 98, grande époque de la Colombie, alors menée par le légendaire « Pibe »). En attendant que le match contre le Chili samedi 10 octobre soulève (peut-être) les foules à nouveau.


Alexis

samedi 12 septembre 2009

Diarios de motocicleta



Et oui , moi aussi je sais faire des titres en espagnols ( en l'occurrence , le nom espagnol du film Carnet de Voyage ). Tel le Che dans la pampa sud americaine , je suis moi aussi parti à l'assault des beautés sauvages de la nature. Mais ici , point de motocyclette mais une japonaise nommé Sunny ( sans doute une cousine de mon ex Toshiba ). Plutôt qu'un récit exhaustif de mes vacances qui serait fastidieux , je préfère vous conter quelques instants choisis , qui me paraissent représentatif de l'état d'esprit d'un Coloc à l'étranger.

J'ai tout d'abord put m'immiscer dans la vie locale. Non ici il n'est point question de sexe avec une jeune guerrière maorie , mais de rencontre avec de vrais néozélandais. Je me suis en effet fait inviter à passer une nuit chez un ami ( Ancien étudiant au séminaire pour devenir curé , aujourd'hui alcoolique et adepte des films à caractère pornographique , pour situer le personnage ) dans sa famille dans la triste ville de Greymouth. Le diner , en présence de sa mère et de son frère , a connu des sommets. Après nous avoir noyé dans le vin rouge durant l'apéro , la mère de mon ami s'est mit en tête de faire un concours de blagues. Celle-ci , passablement imbibée , entendait par blague tout ce qui touchait au maoris , au juifs , aux arabes etc... Mon ivresse ne me permet malheuresement pas de me rapeller de celles-ci , mais l'on a atteint des sommets. La conversation s'est brutalement terminé lorsque mon ami , après que sa mère aie racontée une enième blague à caractère antisémité , a dit que mon grand père était mort dans un camp. Après un moment de silence , il a rajouté que celui-ci était tombé de la tour de garde... Mais la soirée ne s'est pas arrêtée la. En effet Madame a voulu nous montrer un peu l'histoire de sa famille. Et pour cela , nous a réuni devant la télévision pour une séance consacrée au visionnage des exploits du père , malheureusement décédé. Par exploit , je m'attendait pas à l'heure qui a suivi. Une heure de visionnage d'une vidéo du père en train de pécher. Dit comme ça ça à pas l'air très intéressant. Mais en fait c'était pas très intéressant. Enfin la soirée s'est terminée devant un DVD du Bigard local. Au final , une famille acceuillante et une plongée dans la Nouvelle Zelande profonde.

Les vacances se sont poursuivies , notre bolide roulant au milieu des moutons (j'en ai compté 1 250 986 ) , mais elles ont faillies etre interrompues par un rencontre malheureuse. En effet , alors que nous étions lancés à 100 km h , une vache a décidé d'en finir en se jetant sous nos roues. Il a fallu un grand pilote pour réussir à éviter cet obstacle massif.

C'est alors que nous somme arrivés à ce qui était , pour moi , l'objectif de ses vacances. Caca et Culture avait pour projet d'organiser un week end à Montcul. Celui ci ne s'est pas fait compte tenu de l'incompetence de celui qui était en charge du projet. Que cela ne tienne , puisque j'ai décidé d'aller passer mes vacances à Kaka Island.

J'ai honoré l'esprit de la coloc en y laissant ma trace. Ainsi que celle de C&C. J'ai pu , en temps que président de C&C , baptiser ce lieu et en faire le premier lieu saint de l'hémisphère sud.

Enfin , ces vacances m'ont permis , en vrac , de : me foutre de la gueule des otaries , compter les moutons , discuter avec un maori bourré dans un bar sur l'honneur de sa tribu , faire 2 jours de randos sur des plages désertes , me rendre compte que la NZ est un pays vraiment vide ...

Depuis , les cours ont repris. Déja 3mois et pas une seule journée de grève... Ils sont fous dans ce pays.

Par ailleurs , j'ai appris que des individus se proclamant d'une certaine Colocafion auraient lancé un blog. Ne les lisez pas , ce sont des malotrus. Il n'y a qu'une seule Coloc , et qu'un seul blog.

Maxwell

mardi 8 septembre 2009

Coutumes capillaires


Désireux de soigner mon sex appeal, j'avais décidé d'aller chez le coiffeur. Comptant parmi mes compañeros un coiffeur, je décidai de me rendre dans son salon, certes modeste mais équipé des derniers outils : tondeuse dernier cri, ciseaux gris métallisés, bac à eau imitation marbre, j'en passe et des meilleurs.
Profitant du récent radoucissement, j'optais pour une formule barbe+cheveux, tant qu'à faire les choses, autant les faire jusqu'au bout.
Le rasage de drue barbe ne prit que quelques minutes et se déroula sans encombre. Rapidement mon chamigo s'attaqua donc à la partie supérieure de mon crâne. Maniant le ciseau avec dextérité, je lui fis très vite confiance et lui indiquai que je ne voulais qu'un léger "débroussaillage". Après une bonne dizaine de minutes, l'opération se termina et je pus donc découvrir mon nouveau style capillaire. Somme toute assez classique sur le devant, celui-ci était déjà beaucoup plus atypique sur partie postérieure du crâne. Ayant, par souci de faciliter mon intégration dans le pays, décidé de me faire une coupe "à l'Argentine", mon camarade coiffeur m'avait laissé une longueur de poil assez importante dans le cou.
Pour tenter une description, je pense c'est un mélange entre la coiffure de Jürgen Klienhsmann lors de l'Euro 96 (pour les fans de foot), le style à la Rudi Voller (autre star, s'il en est, du football teuton) et la célèbre coupe mulet qui frappe tous les quartiers de France et de Navarre.
Le résultat demeurant assez indescriptible, je vous laisse juger par vous même grâce à la photo.
Finalement, c'est avant tout une coupe locale qui permet de poursuivre mon argentinisation et ce jusqu'au bout des poils.

jeudi 27 août 2009

¿Y las niñas, que tal?

Shakira


Question fatidique. Inévitable. Élémentaire mais fondamentale. Amusée mais si sérieuse. En somme LA question. La question dont tu es le héros, que de toute façon même si tu le veux et bah tu pourras pas y échapper. Bref, la première phrase que n’importe quel mâle colombien adresse à un étranger, un sourire au coin et l’œil pétillant, quand ce n’est pas bavant, la bouche entrouverte.


Deux solutions s’offre alors au malheureux « franchute ». La première, la plus facile : le politiquement correct. « Ouch, súper lindas, me dueña la cabeza cuando camino en la calle marica (rien à voir avec le sens premier du mot, à comprendre ici comme un brave « mec », ou « man » placé à la fin de chaque phrase, et même au milieu si tu veux) ». Gros avantage : le type devient automatiquement ton pote et t’offre un coup à boire en se marrant « ah sagrado ! (ici cela ne veut absolument rien dire, c’est juste une traduction littérale car mon espagnol est encore trop faible pour traduire ça). Inconvénients : d’abord, après t’avoir offert une bière, le mec en question va commencer à te débiter des trucs plus ou moins salaces sur le sexe opposé (d’ailleurs plutôt plus que moins), auxquels tu devras acquiescer par divers « Claro », « Obvio » ou autres rires bien placés. Mais plus grave encore, la technique du politiquement correct a ceci d’embêtant que tu es en fait en train de mentir éhontément à un pauvre Colombien, certain que ses poulettes sont vraiment pas mal. Et mentir c’est mal.


Reste alors la deuxième solution, toujours plus difficile : dire la vérité. « Pues, mira, yo nunca salí de Bogotá pero aquí marica, no son tan bonitas, o sea, tú sabes, hay que buscar en serio para encontrar una niña hermosa huevón (variante de « marica ») ». Aïe. Mauvaise réponse. Généralement, la tronche du type se déconfit progressivement, la bouche se ferme, l’œil pétillant se fait menaçant. La réaction serait – toute proportion gardée – similaire à la tête d’un Français qui, après avoir demandé à un Américain ce qu’il pensait du fromage français, se serait vu répondre « well, it stinks dude ! (variante américaine, de « marica » et « huevón », plus connu en raison de cet excellent film) ». Ce courroux légitime passé, le Colombien étant plus tolérant que le Français sur son patrimoine national, le type finira quand même par te payer un coup et te raconter des trucs salaces sur le sexe opposé, parce qu’il n’y a rien qui le fait plus marrer.


Le résultat étant le même finalement, autant dire la vérité pourrait-on penser. Oui mais voilà, un affront comme cela ne se lave pas si facilement. Et même si le mec te paie des coups, il t’en paiera sûrement moins qu’a ton copain qui a bien répondu... Et ouais : faut pas gonfler un Colombien, quand y vous parle de ses minettes. C’est la morale de mon article, moi je la trouve chouette. Pas vous ? Ah bon.


Alexis



PS : Je m’en vais une dizaine de jours jouir du soleil de la côte Caraïbe. Sans doute pas d’article ici mais en revanche une intéressante perspective de comparaison pour voir si ce phénomène est cantonné à Bogota ou si c’est malheureusement un syndrome national (Barranquilla étant la ville de Shakira, tous les espoirs sont permis)